Les év
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Les év
Un caillou minuscule me raconte ce qu'il croit être sa présence sur la Terre.
Il m'interroge; -- Prends de ta main gauche, cet autre caillou, parmi les milliers de cailloux qui composent la surface de notre planète. Que constates-tu?
-- Qu'il n'est pas exactement comme toi - lui dis-je - Son volume est légèrement différent. Sa forme externe, légèrement différente. Ses tons, légèrement différents. Son poids, légèrement différent. Bref, qu'entre lui et toi, des petites différences vous distinguent l'un de l'autre.
Il me répond: -- Il en va de même pour tous les corps vivants. C'est la loi de la différenciation. Nous pouvons être confondus
au premier abord, mais lors d'un examen plus approfondi, nous constatons les plus imperceptibles différences... C'est toute la richesse de notre monde. Des différences qui ne nous empêchent nullement d'être tous solidaires des mêmes matériaux qui nous constituent.
Tout un univers dans un frêle papier ayant adopté la forme d'un poisson de mai (plus aléatoire que son collègue du mois d'avril) . Seul gros inconvénient: il se rétrécit à vue d'oeil agressif. Ou de mauvais oeil. Jusqu'à disparaître dans son monde microbien des mers infinitésimales, dilué apparemment ainsi dans la mélasse du Temps. Mais il supporte bien le regard doux, qui adoucit ses moeurs subaquatiques.
Une verte pagaille de figurines cherchant leur centre et disloquées par les mots à multiples sorties corporelles.
Errances d'un ressenti poétique en Fenix tortueux, renaissant à chaque page, de ses propres cendres, de ses propres et immenses conflits intérieurs !
"Objeux" et "Subjeux" ont conclu un pacte, dans ces pages, histoire de rire et sourire de leur fortuite rencontre.
Les cavaliers entre la Camargue et la Maremma ont recours aux ailes découpées des Pegasse-en-dentelle trouvées sur leur route. Une étonnante convulsion après un bon bouillon de légumes suivi d'une tarte à la crême vraiment épique. Et ceci, en prélude aux jeux des subjeux et des objeux - avec des tranches énigmatiques d'étrusques surgis de leur Etrurie.
Est-il possible de reprendre au 21ème siècle tout cet héritage du passé étrusque, comme de celui des autres civilisations anciennes? Personnellement je le pense, à condition d'adopter une tout autre manière de les concevoir ces formes, dans une logique contemporaine, et non pas en refaisant de l'ancien tel quel, bien entendu.
Sur un petit carnet beige j'ai croqué hier - toute la journée - ces hautes et longilignes figures, dans un face-à-face parfois un peu forcé, mais singulier et pasionnant, entre des statuettes étrusques et des dessins, peintures et sculptures du grand Giacometti - ça s'est passé à la Pinacothèque de Paris, place de la Madeleine.
Sentiers de traverse qui figurent un parcours et des rencontres inespérées. Et puis, ce lacis formé par des trajectoires capricieuses, furieuses, clandestines, oblitérées par la patine du temps. Et ces visages tristes, enfouis dans de grotesques ivresses, accrochés au carrefour des mémoires qui bifurquent dans une au-deça d'eux-mêmes, migrant vers
d'autres mondes vibratoires...
Qu'est-ce qui se brise dans notre conscience quand nous n'atteignons jamais la profondeur de notre être, quand nos différents masques, s'accrochent au superficiel, et nous tirent vers l'apparence de nous mêmes, laissant à notre intérieur le Grand Vide Existentiel?
Formes reprises et réadaptées à un nouveau contexte. Conjonction de trois genres différents: dessin "réaliste", dessins stylisés figuratifs et graphismes abstraits. Les couleurs du fond, peuvent varier, selon l'exemplaire choisi.
"Dividus" en pleine forme ... ou emplis à moitié! issus de la dérive d'un monde qui divise pour mieux régner. Dérive qui sert à stigmatiser celles et ceux qui n'entrent pas dans le cadre, qui refusent d'être modélés.
Quand on juge sans relâche, on croit se mettre à la place d'autrui... mais, qu'en est-il en vérité?
Photo Joëlle Ahrens
Il était une fois... à moins que cela ne fusse plutôt la troisième fois, que la pomme descendit de l'arbre pour prendre la forme de son admirateur. Mais elle était d'un VERT si criard, que lorsque ledit admirateur voulut lui mordre goûlument le sommet, la pomme si verte et si criarde s'en exclama: " En arrière!" - effrayée par le visage énorme qui se collait à ses chairs et qu'essayait de la dévorer afin de changer d'aspec. Puis, voyant le résultat de la mutation : " t'as vu ta tête mon gars, tu es trop vert pour pouvoir mûrir un jour!"