Promenade ancestrale à rebonds

Publié le par CAVERI

Promenade ancestrale

 

Petite promenade ancestrale à rebonds : 

Sourire au singe qui prend vôtre pose et vous sourit à travers le miroir.

Et puis la grimace. Celle qui vous fend de la tête aux pieds. Coupée des amertumes du monde.

Double figure la vôtre et la sienne. Terriblement  silmiesques. En perte d'équilibre. Opaques.

Le chef pendouillant à une branche de survie. Pieds aux longuissimes orteils au sommet.

Le monde suspendu au temps. A l'envers. Ce fut sa chute prodigieuse et tous les soleils prêts à s'affoler,

en tournoyant comme l'aiguille d'un nord perdu à jamais.

Destin astronomique et boussole épuisée par un énorme surcroît  de magnétisme aux milliers de pôles.

et d'éprouvants phénomènes physiques. Implosions à plusieurs novas.

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Ta tête me revient. Nous avons échangé nos yeux et nos nez, nos oreilles et nos bouches, et encore,

une touffe de cheveux. Puis, l'orbite de nos attractions célestes. Sacré miroir ancestral!

Le démarrage de cent mille générations. Et l'éventuelle disparition programmée de nos espèces.

Je rêve ainsi de l'animal qui revient en moi et me dédouble.

D'un rire qui se colle au mien et se moque de mes états d'âme.

Il sait que je suis né, tête en bas, accroché aux premiers émois.

Il sait mes points faibles et ces nombreux tics qui le font s'amuser.

L'animal? -- Nous y sommes. Elevé à la puissance cubique de sa dentition. Rappel des fossiles.

Votre aïeul aux écailles et aux maints écueils se souvient d'eux. Avaler le plus possible pour survivre aux famines.

Dynamiques. Terrifiantes. A quatre pattes. Nous traînons ainsi nos vieilles angoisses.

Chaînons décrochés aux infinis big-bang répétitifs. Au cercle d'où l'on ne sort pas.

Tourner autour de nous-mêmes. Seuls. Abandonnés à nos épaisses incertitudes.

Ivres de mirages à ressorts. De grossières mélancolies.

Regrettant d'être en face du miroir qui ricoche nos singeries.

Pathétique numéro des humains pour nous éloigner des quadrumanes.

Sentir aujourd'hui le déferlement de multiples poses qui n'osent regarder.

           Aveuglés pour l'éternité? Sourds aux involutions?

¤

Tête qui revient à son point de départ. Satellisée à la mienne. Parcours d'un éternel retour.

Aux exactes instances et positions. Lentes. Opacité non calculée, instable. Gravitation commotionnée aux rictus 

dont elle se pare.

Astrologie aux variations biologiques et alchimiques. Fulgurante. Vibrante.

Double figure, la vôtre et la sienne. Terriblement simiesques. Arborigènes. Collées l'une contre l'autre.

A rebours des échelles mentales. Des échelles temporelles. Des échelles corporelles.

Temps sans répit. Revenu de tous les savoirs. De toutes les directions.

Grimaçant comme un début de préhistoire. Au seuil de toute vie. De tout atome.

Sourire d'un singe qui répète sans cesse, à travers le miroir, vos poses. Vos sourires. Vos rires.

 

              Eduardo Caveri, 23 août 2013

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